Panneau rayonnant pour salle de bain
Dans une salle de bain, le choix d'un panneau rayonnant se joue d'abord sur la norme NF C 15-100 : les volumes délimités autour de la baignoire et de la douche imposent un indice de protection et une classe électrique, et interdisent purement l'appareil dans les volumes 0 et 1. Vient ensuite le dimensionnement, plus élevé qu'ailleurs puisque la pièce est portée à 22 ou 24 °C. Reste enfin l'arbitrage avec le sèche-serviettes, qui ne répond pas au même besoin.
Les volumes de la NF C 15-100 autour de la douche
La norme NF C 15-100, dans sa version amendée en 2015, découpe la pièce d'eau en trois volumes au lieu de quatre : l'ancien volume 3 a disparu, remplacé par la notion de hors volume. Le découpage se fait à partir du bord intérieur de la baignoire ou du receveur, jamais depuis le mur. Il conditionne ce que l'on a le droit d'installer et où.
| Volume | Limites | Indice minimal | Chauffage admis |
|---|---|---|---|
| Volume 0 | Intérieur de la baignoire ou du receveur | IPX7, très basse tension 12 V | Aucun |
| Volume 1 | Au-dessus du volume 0, jusqu'à 2,25 m du fond | IPX4, TBTS 12 V alternatif | Aucun radiateur |
| Volume 2 | 60 cm autour du volume 1, jusqu'à 3 m de haut | IPX4 et classe II | Autorisé en classe II |
| Hors volume | Au-delà de 60 cm du volume 1 | IP21 suffisant | Autorisé, classe I ou II |
Concrètement, un panneau rayonnant se pose hors volume dans la quasi-totalité des salles de bain, ou à la rigueur en volume 2 s'il porte l'indice IPX4 et le symbole du double carré de la classe II. Une douche à l'italienne sans paroi étend le volume 1 à 1,20 m autour de la bonde, ce qui repousse d'autant l'emplacement possible.
Le circuit doit être protégé par un dispositif différentiel de 30 mA, et une liaison équipotentielle locale supplémentaire en cuivre de 2,5 mm² doit relier les canalisations métalliques, la baignoire métallique et les conducteurs de protection de la pièce. Ces deux points sont contrôlés par le Consuel lors d'une mise en service. Aucune prise de courant n'est admise en volumes 0, 1 et 2, hormis les prises rasoir isolées de 20 à 50 VA.
Lire l'indice IP et la classe d'un appareil
L'indice IP de la norme EN 60529 se lit chiffre par chiffre. Le premier désigne la protection contre les corps solides, le second celle contre l'eau. La mention IP24 très répandue dans les catalogues signifie donc : protégé contre les corps de plus de 12,5 mm, et contre les projections d'eau venant de toute direction.
| Indice | Protection contre l'eau | Où il est exigé |
|---|---|---|
| IPX1 | Gouttes verticales | Insuffisant en salle de bain |
| IPX3 | Pluie jusqu'à 60° de la verticale | Hors volume uniquement |
| IPX4 | Projections de toutes directions | Volume 2, exigence courante |
| IPX5 | Jets d'eau à la lance | Locaux nettoyés au jet |
| IPX7 | Immersion temporaire | Volume 0 |
La classe électrique compte autant que l'indice. Un appareil de classe II est doublement isolé et n'a pas de borne de terre : il se reconnaît au symbole des deux carrés emboîtés sur la plaque signalétique. C'est la seule classe admise en volume 2. La quasi-totalité des panneaux rayonnants muraux vendus pour la pièce d'eau sont IP24 classe II, ce qui les rend compatibles avec les deux emplacements possibles.
Quelle puissance pour une salle de bain
Une salle de bain se chauffe à 22 °C en base et jusqu'à 24 °C pendant l'usage, contre 19 °C ailleurs : l'écart de consigne majore mécaniquement la puissance de 20 à 30 %. À cela s'ajoutent un volume souvent petit, donc des parois proportionnellement nombreuses, et une ventilation permanente qui évacue de l'air chauffé. La règle générale en watts par mètre carré, exposée sur puissance d'un panneau rayonnant, se majore donc.
| Surface | Logement isolé après 2000 | Logement d'avant 1990 | Appoint soufflant utile |
|---|---|---|---|
| 3 m² | 300 à 400 W | 400 à 500 W | Non |
| 5 m² | 500 à 650 W | 650 à 800 W | Oui, 800 W |
| 7 m² | 700 à 900 W | 900 à 1 100 W | Oui, 1 000 W |
| 10 m² | 1 000 à 1 250 W | 1 250 à 1 500 W | Oui, 1 000 W |
Ces puissances correspondent à un chauffage de base, capable de maintenir 22 °C en continu. Le confort au sortir de la douche relève d'une autre logique : une montée de 3 à 4 °C en dix minutes, que seul un appareil surdimensionné ou une soufflerie d'appoint peut assurer. D'où la combinaison courante d'un émetteur de base et d'une fonction boost minutée sur 15 à 30 minutes.
Panneau rayonnant ou sèche-serviettes
Les deux appareils n'occupent pas la même place ni la même fonction : l'un chauffe la pièce, l'autre sèche le linge et chauffe accessoirement. Un sèche-serviettes de 500 W couvert de deux serviettes épaisses ne diffuse plus grand-chose dans le volume.
| Appareil | Puissances | Prix | Point fort |
|---|---|---|---|
| Panneau rayonnant IP24 | 500 à 1 500 W | 80 à 220 € | Chauffage de base économique |
| Sèche-serviettes à fluide | 300 à 750 W | 120 à 450 € | Séchage du linge, inertie |
| Sèche-serviettes soufflant | 500 W plus 1 000 W de soufflerie | 250 à 700 € | Montée rapide et séchage |
| Radiateur soufflant mural | 1 800 à 2 400 W | 60 à 160 € | Appoint minuté immédiat |
| Miroir chauffant infrarouge | 300 à 700 W | 200 à 450 € | Miroir sans buée, gain de place |
Le montage le plus efficace dans une salle de bain de 5 à 8 m² associe un sèche-serviettes de 500 W pour le linge et un panneau rayonnant hors volume pour le maintien en température. Le principe du miroir chauffant est détaillé sur panneau infrarouge.
Emplacement, raccordement et usage
Le panneau se pose sur le mur le plus froid, de préférence sous la fenêtre ou face à la porte, le bas de l'appareil à 12 à 15 cm du sol pour laisser respirer la grille basse. Il faut 50 cm libres au-dessus, et surtout aucun porte-serviettes ni patère à moins de 50 cm de la façade : celle-ci monte à 80 à 100 °C et un textile posé dessus déclenche la sécurité thermique, quand il ne roussit pas.
Le raccordement se fait sur une sortie de câble, jamais sur une prise, avec un conducteur de 1,5 mm² protégé par un disjoncteur de 16 A et un fil pilote pour recevoir les ordres Confort et Éco. Programmer la pièce à 17 °C en continu et à 22 °C sur deux plages quotidiennes divise par deux la consommation du poste, comme le montre la page consommation d'un panneau rayonnant. Les budgets de fourniture et de pose figurent sur prix d'un panneau rayonnant, et les autres pages techniques dans le guide du chauffage par panneaux.
Questions fréquentes
Quel indice IP pour un radiateur en salle de bain ?
IPX4 au minimum en volume 2, c'est-à-dire dans les 60 cm qui entourent la baignoire ou la douche, avec obligatoirement la classe II. Hors volume, un IP21 suffit réglementairement, mais les fabricants livrent presque tous des appareils IP24, ce qui autorise les deux emplacements sans se poser de question.
Peut-on mettre un panneau rayonnant au-dessus d'une baignoire ?
Non. La zone située au-dessus de la baignoire jusqu'à 2,25 m constitue le volume 1, où seuls des matériels en très basse tension de sécurité sont admis. Aucun radiateur, quel que soit son indice de protection, n'y est autorisé par la norme NF C 15-100. L'appareil doit être reporté en volume 2 ou hors volume.
Un sèche-serviettes suffit-il à chauffer la pièce ?
Rarement. Un modèle courant délivre 300 à 750 W, soit la puissance d'une pièce de 3 à 5 m², et cette puissance chute dès que des serviettes recouvrent les tubes. Au-delà de 5 m², il faut soit un modèle soufflant, soit un panneau rayonnant complémentaire chargé du maintien en température.
Faut-il un circuit dédié pour le chauffage de la salle de bain ?
Le chauffage doit être sur un circuit de chauffage, en 1,5 mm² sous 16 A jusqu'à 3 500 W, distinct des prises et de l'éclairage. L'ensemble des circuits de la pièce d'eau doit en outre être protégé par un différentiel 30 mA et raccordé à la liaison équipotentielle locale supplémentaire.