Panneau port des EPI obligatoire
Un panneau port des EPI obligatoire regroupe sur un même support plusieurs pictogrammes ronds bleus de la norme NF EN ISO 7010 : M014 pour le casque, M008 pour les chaussures, M009 pour les gants, M004 pour les lunettes, M015 pour le gilet haute visibilité. La liste ne se choisit pas au catalogue : elle se déduit du document unique d'évaluation des risques, poste par poste. Un panneau qui impose plus d'équipements que nécessaire finit ignoré, et perd sa valeur de consigne.
Comment se construit un panneau combiné
La NF X08-003, qui reprend en France la série ISO 3864 et la NF EN ISO 7010, admet de réunir plusieurs symboles sur un support unique dit panneau combiné. Trois règles gouvernent sa mise en page. Les pictogrammes conservent leur forme et leur couleur d'origine, sans cadre supplémentaire. Ils s'alignent sur une seule ligne ou une seule colonne, dans un ordre stable d'un panneau à l'autre du site. Chaque symbole garde un diamètre calculé sur la distance de lecture, et non réduit pour faire tenir la série.
Au-delà de six pictogrammes, la lecture décroche : l'œil ne retient plus que le premier et le dernier. Un panneau à quatre symboles, format 300 × 400 mm avec un bandeau de titre, est le compromis courant à l'entrée d'un atelier. Si un poste exige davantage, il vaut mieux poser deux panneaux à des endroits différents du parcours plutôt qu'une grille de neuf ronds bleus. Les règles de forme et de teinte communes à toutes les familles sont détaillées sur la page norme ISO 7010.
Les pictogrammes obligation par équipement
Chaque équipement de protection individuelle possède un code M et une norme produit distincte. Le pictogramme dit ce qu'il faut porter, la norme dit ce que l'équipement doit encaisser.
| Code | Équipement | Norme produit | Catégorie | Risque visé |
|---|---|---|---|---|
| M003 | Protecteur auditif | EN 352 | III | Exposition supérieure à 85 dB(A) |
| M004 | Lunettes de protection | EN 166 | II | Projection de particules |
| M008 | Chaussures de sécurité | EN ISO 20345, marquage S1 à S7 | II | Écrasement, perforation |
| M009 | Gants de protection | EN 388, EN 407, EN ISO 374 | II ou III | Coupure, chaleur, produits chimiques |
| M010 | Vêtement de protection | EN ISO 13688 | II ou III | Contact chimique ou thermique |
| M013 | Écran facial | EN 166 | II | Meulage, projection de liquide |
| M014 | Casque de protection | EN 397 | II | Chute d'objets |
| M015 | Vêtement haute visibilité | EN ISO 20471, classes 1 à 3 | II | Circulation d'engins |
| M016 et M017 | Masque, protection respiratoire | EN 149 (FFP1 à FFP3), EN 143 | III | Poussières, fibres, vapeurs |
| M018 | Harnais antichute | EN 361, EN 355, EN 360 | III | Chute de hauteur |
La liste complète des symboles des cinq familles, interdiction, obligation, avertissement, évacuation et incendie, figure sur la page pictogrammes de sécurité. Le cas particulier du casque, le plus affiché de tous, est traité sur la page panneau port du casque obligatoire.
Déduire les pictogrammes du document unique
L'article R4121-1 du Code du travail impose de consigner l'évaluation des risques dans le document unique. C'est lui, et non le fournisseur de signalétique, qui détermine la composition du panneau. La chaîne se lit dans l'ordre suivant : un danger identifié, une tentative de suppression ou de protection collective, et seulement ensuite un équipement individuel imposé par consigne écrite, puis affiché.
Certains seuils déclenchent l'obligation de façon mécanique. Pour le bruit, les articles R4431-1 et suivants fixent une valeur d'action inférieure à 80 dB(A) sur 8 heures, qui oblige à mettre des protecteurs à disposition, et une valeur d'action supérieure à 85 dB(A) qui rend le port obligatoire et impose, au titre de l'article R4434-7, de signaler et de délimiter la zone. La valeur limite d'exposition est fixée à 87 dB(A), mesurée en tenant compte de l'atténuation du protecteur. Un panneau M003 sans mesure sonométrique préalable n'a aucune assise.
Catégories, formation et vérifications périodiques
Le règlement européen 2016/425 classe les équipements en trois catégories : I pour les risques mineurs comme les gants de jardinage, II pour la majorité des équipements, III pour les risques mortels ou irréversibles, dont les chutes de hauteur, l'électricité, les atmosphères appauvries en oxygène, le bruit nocif et les agents chimiques. Un équipement de catégorie III impose une formation avec entraînement au port, prévue par l'article R4323-106 du Code du travail, et non une simple remise en main propre.
| Équipement | Périodicité | Trace exigée |
|---|---|---|
| Système d'arrêt de chute, harnais, longe, antichute mobile | 12 mois au plus | Registre de sécurité et étiquette de contrôle |
| Appareil de protection respiratoire autonome | 12 mois au plus | Registre de sécurité |
| Gilet de sauvetage gonflable | 12 mois au plus | Registre de sécurité |
| Stock de cartouches filtrantes anti-gaz | 12 mois au plus | Suivi des lots et dates de péremption |
La fourniture reste gratuite pour le salarié, en application de l'article R4321-4, entretien et remplacement compris. L'article L4741-1 punit le manquement d'une amende de 10 000 € appliquée autant de fois qu'il y a de travailleurs concernés, montant en vigueur au 10 septembre 2026, à vérifier sur legifrance.gouv.fr.
Support, format et budget
Pour un atelier, un panneau combiné de 300 × 400 mm en PVC de 1 mm coûte 10 à 25 €, la même définition en aluminium de 1,5 mm 25 à 45 €, un format 400 × 600 mm en dibond 40 à 80 €, prix constatés début 2026. Le PVC suffit en intérieur ; l'extérieur exposé au sud impose une encre solvantée ou un laminage anti-UV, sous peine de voir le bleu virer en 18 mois. Le comparatif des supports figure sur la page matériaux des panneaux de sécurité, et l'ajout d'un logo ou d'une consigne propre à l'entreprise sur la page panneau de sécurité personnalisé.
Un panneau qui impose des équipements non exigés par le document unique se retourne contre l'employeur : il prouve la conscience d'un risque que les mesures réelles ne couvrent pas. Alignez toujours l'affichage sur les consignes de poste réellement appliquées.
Les autres familles de signalétique, dont les panneaux d'interdiction et d'évacuation, sont regroupées dans la rubrique panneaux de sécurité.
Questions fréquentes
Combien de pictogrammes sur un panneau EPI ?
Quatre est le nombre de travail courant, six le maximum lisible. Au-delà, le regard ne retient que les extrémités de la série et la consigne perd son effet. Si un poste exige davantage d'équipements, répartissez l'affichage sur le parcours d'accès plutôt que de multiplier les symboles sur un même support, et réduisez jamais leur diamètre pour les faire tenir.
Le panneau EPI rend-il le port juridiquement obligatoire ?
Le panneau matérialise une consigne, il ne la crée pas. L'obligation naît de l'évaluation des risques et de la consigne de poste écrite. En revanche, son absence affaiblit la position de l'employeur en cas d'accident, car elle laisse penser que la consigne n'a jamais été portée à la connaissance des salariés et des intervenants extérieurs.
Faut-il un panneau différent pour les visiteurs ?
Oui, à l'accueil. Les visiteurs et les livreurs n'ont pas suivi la formation au port et ne connaissent pas les zones. Un panneau à l'entrée du site, doublé d'un plan simplifié, et la mise à disposition de casques et gilets de prêt règlent la question. Le livret d'accueil sécurité complète le dispositif pour les entreprises extérieures.
Qui paie les équipements imposés par le panneau ?
L'employeur, intégralement. L'article R4321-4 du Code du travail impose une mise à disposition gratuite, qui couvre l'achat, l'entretien, le nettoyage et le remplacement en cas d'usure. Aucune retenue sur salaire n'est possible, y compris en cas de perte répétée : seule la voie disciplinaire est ouverte.