Câbler un tableau électrique : schéma et étapes

Le câblage d'un tableau suit toujours le même ordre : coffret fixé, rails et différentiels posés, peignes coupés à la longueur des rangées, disjoncteurs clipsés, puis raccordement des départs, du neutre et de la terre sur leurs borniers. La logique est celle d'une arborescence : une arrivée protégée par le disjoncteur de branchement, un différentiel 30 mA par rangée, huit départs au plus sous chacun.

Le schéma type d'un tableau résidentiel

Le courant suit un chemin unique, du plus général au plus fin. L'arrivée provient du disjoncteur de branchement, l'AGCP, dont le rôle est décrit sur composition du tableau. Elle rejoint le tableau par une liaison en conducteurs souples, généralement 10 mm² pour un réglage à 45 A et 16 mm² pour 60 A, section déterminée par l'électricien selon la longueur et le mode de pose.

Cette arrivée alimente une répartition verticale, peigne d'alimentation ou bornier de distribution, qui dessert la tête de chaque rangée. Chaque interrupteur différentiel 30 mA reçoit phase et neutre, et ressort vers un peigne horizontal qui court sur toute la rangée. Chaque disjoncteur divisionnaire prélève sa phase et son neutre sur ce peigne et alimente un seul circuit. Les conducteurs de protection, eux, ne passent par aucune protection : ils rejoignent directement le bornier de terre du coffret, relié à la prise de terre par un conducteur de 6 à 16 mm².

Sections, couleurs et repérage des conducteurs

Les couleurs ne sont pas décoratives : elles conditionnent la lecture de l'installation par le prochain intervenant et sont contrôlées au diagnostic électrique.

Conducteurs par type de circuit, sections et protections
CircuitSectionProtectionCouleurs
Éclairage1,5 mm²16 ARouge ou marron, bleu, vert-jaune
Prises 16 A2,5 mm²20 ARouge ou marron, bleu, vert-jaune
Four, lave-linge, lave-vaisselle2,5 mm²20 AIdem, un circuit par appareil
Plaque de cuisson6 mm²32 ASous différentiel de type A
Liaison AGCP vers tableau10 ou 16 mm²AGCP 45 ou 60 ASouple, réalisée par un électricien
Liaison au bornier de terre6 à 16 mm²AucuneVert-jaune exclusivement

Le bleu est réservé au neutre et le vert-jaune à la terre, sans exception. Le fil navette d'un va-et-vient n'est ni bleu ni vert-jaune : il se repère en orange, violet ou noir. Chaque départ doit porter son étiquette au moment du raccordement, exigence traitée sur étiquettes de tableau électrique.

L'ordre de montage, étape par étape

Le montage se fait toujours hors tension, coffret déposé ou capot ouvert après contrôle, et de préférence sur établi pour un tableau neuf.

  1. Fixer le coffret à la hauteur retenue selon les cotes de pose, d'aplomb, sur quatre points.
  2. Poser les interrupteurs différentiels en tête de chaque rangée, à gauche, en plaçant le type A sur la rangée qui recevra plaque et lave-linge.
  3. Couper les peignes horizontaux au nombre exact de modules alimentés, dents inutilisées sectionnées entre deux dents, jamais laissées nues.
  4. Clipser les disjoncteurs par ordre de calibre décroissant, circuits spécialisés à gauche, éclairage à droite.
  5. Raccorder l'alimentation des rangées par peigne vertical ou bornier de répartition, en respectant l'ordre phase-neutre du fabricant.
  6. Amener les départs : phase sur la borne aval du disjoncteur, neutre au bornier de la rangée, terre au bornier vert-jaune.
  7. Serrer au couple indiqué par le fabricant, en général 1,2 à 2,5 N·m selon la borne, puis vérifier chaque conducteur par une traction franche.
  8. Repérer, refermer, faire contrôler avant toute remise sous tension par un électricien : continuité des terres, isolement, essai des boutons de test des différentiels.

Aucune de ces opérations ne se pratique sous tension. Coupez le disjoncteur de branchement, vérifiez l'absence de tension avec un VAT et condamnez la coupure. Le raccordement de la liaison en amont du tableau, le remplacement de l'AGCP et l'intervention sur le compteur sont réservés à un électricien ou au gestionnaire de réseau. Une installation neuve ou entièrement rénovée n'est mise sous tension qu'après visa de l'attestation de conformité par le Consuel.

Peignes, borniers et pontages

Le peigne horizontal existe en version phase seule, pour les gammes à bornier de neutre séparé, et en version phase-neutre pour les disjoncteurs à connexion automatique. Les deux ne se mélangent pas : un peigne phase-neutre suppose des appareils dont les bornes amont sont alignées au pas de 17,5 mm et de la même gamme que le peigne.

Un peigne se coupe à la scie à métaux ou à la pince, jamais à la disqueuse, et ses dents libres doivent être isolées par un embout ou supprimées. Le pontage de deux disjoncteurs par un fil volant n'est admis que si la section reprend celle du peigne, soit 10 ou 16 mm² selon la gamme : un pontage en 2,5 mm² entre deux départs de 20 A constitue un défaut classique, car ce fil peut véhiculer le courant des deux circuits.

Les erreurs de câblage les plus fréquentes

Défauts relevés au contrôle et conséquence
ErreurConséquenceCorrection
Neutre raccordé au bornier d'une autre rangéeDéclenchement permanent du différentielRamener chaque neutre sous son propre différentiel
Plus de huit départs sous un différentielNon-conformité, coupure généraliséeOuvrir une rangée supplémentaire
Plaque de cuisson sous un différentiel type ACProtection inopérante sur courant continu pulséBasculer le départ sous un type A
Conducteur 1,5 mm² sur disjoncteur 20 ACâble non protégé contre l'échauffementRamener le calibre à 16 A ou tirer du 2,5 mm²
Dénudage excessif, cuivre apparentRisque d'amorçage entre bornesRecouper à 12 à 14 mm de dénudage
Deux conducteurs dans une borne prévue pour unSerrage insuffisant, échauffementUtiliser un bornier de répartition

Le déclenchement intempestif d'un différentiel vient neuf fois sur dix d'un neutre mal ventilé entre rangées, situation détaillée sur interrupteur différentiel 30 mA. Le choix des calibres selon la section est développé sur disjoncteurs du tableau, et l'ensemble des règles applicables dans le guide du tableau électrique.

Questions fréquentes

Dans quel ordre câbler un tableau électrique ?

Coffret fixé, différentiels en tête de rangée, peignes coupés à la longueur utile, disjoncteurs clipsés, alimentation des rangées, puis départs avec phase sur le disjoncteur, neutre et terre sur leurs borniers. Le repérage se fait au fur et à mesure, et la vérification par un électricien précède toute remise sous tension.

Quelle section pour la liaison entre l'AGCP et le tableau ?

En pratique 10 mm² pour un disjoncteur de branchement réglé à 45 A et 16 mm² pour 60 A, en conducteurs souples. La section exacte dépend de la longueur et du mode de pose. Cette liaison se situe en amont du tableau et n'est pas protégée par le tableau lui-même : son raccordement revient à un électricien.

Peut-on mettre deux fils dans la borne d'un disjoncteur ?

Non lorsque la borne est prévue pour un seul conducteur, ce qui est le cas général en aval. Deux fils dans une borne se serrent inégalement et créent un point chaud. La solution correcte est un bornier de répartition modulaire, ou un second départ protégé, selon la puissance réellement appelée par les deux circuits.

Comment couper un peigne d'alimentation ?

À la scie à métaux ou à la pince coupante, entre deux dents, en laissant la barre isolée sur toute sa longueur. Les dents inutilisées se suppriment ou se protègent par un embout d'extrémité. Une dent nue laissée en attente dans un coffret sous tension constitue une pièce active accessible.

Mis à jour : septembre 2026.