Dimensions d'un tableau électrique : modules et rangées
Un tableau électrique se mesure en modules : 17,5 mm de largeur chacun, 13 ou 18 par rangée selon le format. Un coffret de 13 modules occupe 350 à 380 mm de large, un 18 modules 460 à 500 mm, et chaque rangée supplémentaire ajoute 120 à 130 mm de hauteur. Ces cotes décident de ce qui entre dans une gaine technique de 600 mm et de la hauteur à laquelle le coffret doit être fixé.
Le module, unité de mesure du tableau
Tout l'appareillage modulaire se clipse sur un rail DIN de 35 mm et se mesure en pas de 17,5 mm, arrondi à 18 mm dans le langage courant. Un disjoncteur divisionnaire phase-neutre occupe 1 module, un interrupteur différentiel 2 modules, un parafoudre 2 à 4 modules, un contacteur jour-nuit 2 modules, un délesteur 1 à 3 modules.
Compter en modules et non en appareils évite l'erreur classique : une rangée annoncée à 13 emplacements n'accueille que 11 disjoncteurs une fois l'interrupteur différentiel posé en tête. Le calibre ne change rien à la largeur, un disjoncteur 32 A occupe le même module qu'un 16 A ; seuls les modèles tétrapolaires, rares en logement, montent à 4 modules.
Les formats de coffrets et leurs cotes hors tout
Deux largeurs cohabitent en France : 13 modules, format historique dimensionné pour la gaine technique, et 18 modules, hérité des coffrets tertiaires. Les cotes ci-dessous sont celles des gammes courantes, capot compris.
| Format | Emplacements | Largeur | Hauteur | Profondeur en saillie |
|---|---|---|---|---|
| 1 rangée de 13 | 13 | 350 à 380 mm | 210 à 240 mm | 95 à 115 mm |
| 2 rangées de 13 | 26 | 350 à 380 mm | 330 à 370 mm | 95 à 115 mm |
| 3 rangées de 13 | 39 | 350 à 380 mm | 450 à 500 mm | 95 à 115 mm |
| 4 rangées de 13 | 52 | 350 à 380 mm | 580 à 630 mm | 95 à 115 mm |
| 2 rangées de 18 | 36 | 460 à 500 mm | 330 à 370 mm | 95 à 120 mm |
| 4 rangées de 18 | 72 | 460 à 500 mm | 580 à 630 mm | 95 à 120 mm |
L'entraxe entre deux rails est normalisé autour de 125 mm : c'est ce pas qui explique la progression régulière de la hauteur. Le choix entre 13 et 18 modules par rangée n'est pas neutre : un 18 modules loge autant de circuits sur moins de rangées, mais il sature la largeur utile d'une gaine technique de 600 mm, décrite sur GTL et ETEL, et ne laisse plus de place au compartiment de câbles ni au coffret de communication à côté.
Saillie ou encastré : ce que la profondeur change
Un coffret en saillie se visse sur le mur fini et ressort de 95 à 120 mm. Il se déplace, se remplace et se perce sans toucher à la cloison, ce qui en fait le format de la rénovation.
Un coffret encastré demande une réservation de 60 à 80 mm de profondeur dans la cloison, plus l'épaisseur du parement : une cloison de 72 mm ou 98 mm avec doublage convient, une cloison de 48 mm non. Une fois posé, le capot affleure et ne dépasse que de 10 à 20 mm. Sur un mur porteur en béton, l'encastrement suppose une saignée profonde souvent interdite : la saillie s'impose alors.
Dans les deux cas, prévoir un dégagement libre de 700 mm devant le tableau et de 30 mm au moins au-dessus et en dessous pour le passage des conducteurs. Un tableau installé au fond d'un placard encombré n'est plus manœuvrable en urgence.
À quelle hauteur fixer le coffret
La NF C 15-100 raisonne sur les organes de manœuvre, c'est-à-dire les manettes, et non sur le coffret : la plus basse à 0,90 m minimum du sol fini, la plus haute à 1,80 m maximum, ou 1,30 m dans un logement soumis aux règles d'accessibilité. La hauteur du coffret détermine donc la cote de fixation du bord inférieur.
| Coffret | Hauteur du coffret | Bas du coffret | Haut des manettes |
|---|---|---|---|
| 2 rangées | 350 mm | 1,00 à 1,30 m | 1,30 à 1,60 m |
| 3 rangées | 475 mm | 1,00 à 1,20 m | 1,45 à 1,65 m |
| 4 rangées | 600 mm | 0,95 à 1,10 m | 1,50 à 1,65 m |
| 4 rangées, logement accessible | 600 mm | 0,90 m | 1,45 m |
Le disjoncteur de branchement obéit à la même fourchette de 0,90 à 1,80 m. Quand il est placé au-dessus du tableau dans la gaine, la hauteur cumulée des deux coffrets devient le facteur limitant : c'est le cas où un format 18 modules sur deux rangées l'emporte sur un 13 modules à quatre rangées.
Passer des circuits aux dimensions
La méthode tient en trois étapes. Additionner les modules de chaque appareil prévu, différentiels compris, à partir de la liste des circuits établie selon les calibres de disjoncteurs. Ajouter la réserve de 20 % d'emplacements exigée par la NF C 15-100, arrondie au module supérieur. Choisir enfin le format immédiatement supérieur au total obtenu, en gardant une rangée entière libre plutôt que quelques modules épars, qui restent inutilisables si le différentiel de tête plafonne déjà à huit départs.
Un total de 28 modules avec réserve conduit ainsi à un 3 rangées de 13, soit 39 emplacements, et non à un 2 rangées de 18 qui n'en offre que 36 sans marge. Le raisonnement complet par typologie de logement est développé sur tableau 2, 3 ou 4 rangées, et l'ensemble de la rubrique dans le guide du tableau électrique.
Toute prise de cote dans un tableau existant se fait après coupure du disjoncteur de branchement et vérification d'absence de tension, capot en place tant que ce contrôle n'est pas fait. Le remplacement d'un coffret par un format plus grand implique de reprendre la liaison en amont : cette partie relève d'un électricien, comme l'attestation de conformité visée par le Consuel sur une installation neuve.
Questions fréquentes
Combien mesure un module de tableau électrique ?
Un module fait 17,5 mm de large, valeur souvent arrondie à 18 mm. Un disjoncteur phase-neutre en occupe un, un interrupteur différentiel deux, un parafoudre deux à quatre. La hauteur d'un appareil modulaire est de 85 à 90 mm et sa profondeur de 65 à 70 mm, ce qui explique les 100 mm de profondeur des coffrets.
Faut-il choisir 13 ou 18 modules par rangée ?
Le 13 modules reste la référence en logement : il tient dans la largeur de 600 mm de la gaine technique en laissant la place au compartiment de câbles. Le 18 modules gagne des circuits sans ajouter de rangée, utile quand la hauteur disponible est limitée, mais il occupe presque toute la gaine et complique l'ajout d'un coffret de communication.
Quelle profondeur pour encastrer un tableau ?
Prévoir 60 à 80 mm de réservation derrière le parement, soit une cloison de 72 mm ou 98 mm avec doublage. Une cloison de 48 mm ne convient pas. Sur un mur en béton, la saignée nécessaire est le plus souvent proscrite : un coffret en saillie, qui ressort de 95 à 120 mm, est alors la seule option.
Un tableau plus grand est-il plus cher à installer ?
Le coffret nu coûte 20 à 50 € de plus par rangée supplémentaire, écart marginal. Le vrai surcoût vient du différentiel de tête, 40 à 140 € par rangée, et du peigne associé. Prévoir large dès la pose reste moins cher que d'ajouter un coffret secondaire trois ans plus tard, opération qui suppose une nouvelle alimentation protégée.