Histoire des panneaux de signalisation

La signalisation routière moderne est née avec l'automobile, entre 1895 et 1909, quand les clubs de touristes ont commencé à baliser les routes pour prévenir des virages et des passages à niveau. Trois conventions internationales, en 1909, 1931 et 1968, ont ensuite imposé un langage commun : le triangle pour le danger, le disque pour la prescription, et un catalogue de symboles compréhensibles sans connaître la langue du pays traversé.

Des bornes de pierre aux premiers panneaux d'automobilistes

Avant l'automobile, la route se lisait par des bornes indiquant les distances et par des poteaux directionnels en fonte, hérités des routes royales puis impériales. Le besoin change avec la vitesse : dès la fin du XIXe siècle, les clubs automobiles et cyclistes posent à leurs frais des plaques d'avertissement. En France, le Touring Club de France installe ses premières plaques de danger à partir de 1895, avec des messages écrits en toutes lettres, du type « virage dangereux ».

Cette signalisation privée pose deux problèmes qui structureront tout le siècle : elle n'est pas homogène d'un département à l'autre, et un texte écrit devient illisible dès que la vitesse augmente ou que le conducteur ne parle pas la langue. La réponse sera double : le symbole plutôt que le mot, et la normalisation plutôt que l'initiative locale.

Les conventions internationales

Trois textes ont façonné le catalogue actuel, chacun élargissant le précédent.

Les grandes étapes de la normalisation internationale
DateTexteApport principal
1909Convention internationale de ParisQuatre signaux de danger communs : cassis, virage, croisement, passage à niveau
1931Convention de GenèveSystème européen : triangle pour le danger, disque pour la prescription
1949Protocole de GenèveÉlargissement du catalogue et tentative de conciliation avec le système américain
1968Convention de Vienne sur la signalisation routièreBase commune actuelle, entrée en vigueur en 1978, plusieurs dizaines de pays signataires

La convention de Vienne du 8 novembre 1968 reste la référence. Elle admet deux variantes pour certains signaux, ce qui explique qu'un panneau de danger soit triangulaire en Europe et losangique en Amérique du Nord, et que le stop reste octogonal presque partout. Ces principes irriguent encore les formes et les couleurs employées aujourd'hui.

La construction du catalogue français

En France, la signalisation devient une compétence publique dans l'entre-deux-guerres, avec l'apparition du Code de la route et la généralisation de la priorité à droite. Le texte fondateur encore en vigueur est l'arrêté du 24 novembre 1967 relatif à la signalisation des routes et des autoroutes, qui rassemble en un seul catalogue les figurines, leurs codes et leurs conditions d'emploi. C'est lui qui a fixé la numérotation par familles, A pour le danger, B pour la prescription, C pour l'indication, toujours utilisée.

Depuis, le catalogue vit par arrêtés modificatifs successifs, au rythme des politiques de sécurité routière et de mobilité.

Quelques ajouts marquants au catalogue français
PériodeNouveautéMotif
Années 1960Arrêté du 24 novembre 1967, catalogue unifiéDéveloppement du réseau autoroutier
Années 1990Généralisation des zones 30Apaisement de la circulation en ville
2008Zone de rencontre, panneau B52Partage de la voirie, piéton prioritaire
Années 2010Double sens cyclable, panneaux et panonceaux véloPolitique cyclable
Années 2020Panneau de zone à faibles émissionsQualité de l'air, loi d'orientation des mobilités

Les dispositifs les plus récents sont détaillés sur les pages zone 30 et zone de rencontre et panneau ZFE.

Ce que l'histoire a fixé une fois pour toutes

Trois choix anciens expliquent la lisibilité de la signalisation actuelle. Le premier est le passage du texte au pictogramme, décidé pour franchir les frontières linguistiques : un conducteur comprend un panneau sans lire un mot. Le deuxième est l'affectation d'une forme à une catégorie de message, si bien qu'une silhouette suffit à savoir s'il s'agit d'un danger ou d'une obligation. Le troisième est la réservation d'une forme unique au message le plus contraignant, l'octogone du panneau stop, identifiable même de dos.

La stabilité de ce système est sa principale qualité : un panneau de 1970 reste compris en 2026. Les évolutions récentes portent moins sur les figurines que sur les supports, avec les panneaux à messages variables et la signalisation dynamique, dont les règles sont encadrées par les textes présentés sur la page normes de la signalisation routière. L'ensemble des fiches est réuni dans le guide de la signalisation.

Questions fréquentes

Quels étaient les premiers panneaux routiers officiels ?

La convention internationale de Paris de 1909 a retenu quatre signaux de danger communs : cassis ou dos d'âne, virage, croisement de routes et passage à niveau. Ils étaient portés par des plaques de forme simple, avec un symbole sans texte, afin d'être compris par des automobilistes traversant plusieurs pays européens.

Pourquoi la forme octogonale a-t-elle été retenue pour le stop ?

Parce qu'elle est unique dans le catalogue et reconnaissable sous tous les angles, y compris de dos ou couverte de neige. Ce choix, généralisé par les conventions internationales, permet à un conducteur d'identifier l'obligation d'arrêt avant même de lire l'inscription, ce qui reste précieux de nuit et par mauvaise visibilité.

Depuis quand la signalisation française est-elle unifiée ?

L'arrêté du 24 novembre 1967 relatif à la signalisation des routes et des autoroutes constitue le texte de référence encore applicable. Il a rassemblé en un catalogue unique les figurines, leur code et leurs conditions d'emploi. Il est modifié régulièrement par arrêtés, ce qui permet d'ajouter des panneaux sans changer la structure générale.

Pourquoi certains pays utilisent-ils des panneaux de danger en losange ?

La convention de Vienne de 1968 admet deux modèles de signal de danger, le triangle et le losange à fond jaune. Les pays européens ont retenu le triangle, l'Amérique du Nord le losange. Un conducteur français à l'étranger conserve donc ses repères de couleur et de symbole, mais doit accepter une silhouette différente.

Mis à jour : septembre 2026.