Panneau stop : règles, sanctions et pièges
Le panneau stop, code AB4, est le seul panneau octogonal du code de la route : fond rouge, mot STOP en blanc, bordure blanche. Il impose un arrêt complet du véhicule, roues immobiles, devant la ligne d'arrêt, puis l'obligation de céder le passage à tous les usagers de la route abordée. Ralentir fortement sans s'immobiliser reste une infraction : 135 € d'amende et 4 points, avec suspension du permis possible.
Forme, couleurs et implantation du panneau AB4
L'octogone du stop est une exception voulue : sa silhouette reste identifiable de dos, sous la neige ou quand la peinture a passé, ce qu'aucun autre panneau ne permet. Les autres significations de chaque contour sont détaillées sur la page des formes des panneaux. En gamme normale, l'octogone mesure 900 mm entre deux côtés opposés ; la petite gamme urbaine et les grandes gammes réservées aux axes rapides encadrent cette valeur, comme l'explique la page des dimensions des panneaux.
Le AB4 se place à l'aplomb de l'intersection, au droit de la ligne d'arrêt. Quand la visibilité est mauvaise, un panneau de présignalisation identique, accompagné d'un panonceau de distance, annonce le stop 50 à 150 m en amont. Le panneau AB5, de même famille, impose lui un arrêt à un poste de douane ou de péage, avec la mention correspondante.
Au sol, l'arrêt est matérialisé par une ligne blanche continue de 0,50 m de large, souvent doublée du mot STOP peint sur la chaussée. Cette ligne est le point d'arrêt légal : elle ne doit pas être franchie, même de quelques centimètres.
L'arrêt absolu, puis la priorité
L'article R415-6 du code de la route décrit deux obligations successives, et les deux sont sanctionnées séparément. D'abord marquer un arrêt absolu, c'est-à-dire immobiliser complètement le véhicule. Ensuite céder le passage aux véhicules circulant sur la route abordée, quelle que soit leur direction et quelle que soit la vitesse à laquelle ils approchent.
Quand la ligne d'arrêt est trop en retrait pour voir, la pratique admise consiste à s'arrêter une première fois à la ligne, puis à progresser lentement et à s'arrêter de nouveau au ras de la chaussée. Le premier arrêt reste obligatoire : commencer par avancer jusqu'à la visibilité constitue l'infraction la plus souvent relevée.
Le stop prime sur toute autre règle de priorité à cette intersection. Ni la priorité à droite, ni le fait d'aborder l'axe le plus large ne dispensent de l'arrêt. En revanche, un agent réglant la circulation prime sur le panneau, et les feux tricolores en fonctionnement prennent le pas sur lui.
Amende, points et peines complémentaires
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Classe de contravention | 4e classe |
| Amende forfaitaire | 135 € |
| Amende minorée | 90 € si paiement sous 15 jours, 30 jours en télépaiement |
| Amende majorée | 375 € au-delà du délai de paiement |
| Retrait de points | 4 points |
| Peine complémentaire | Suspension du permis pour 3 ans au plus |
Les points se reconstituent après trois ans sans nouvelle infraction, ou par un stage de sensibilisation qui rend 4 points, une fois par an au maximum. Les montants et délais sont ceux connus au 10 septembre 2026, à vérifier sur service-public.fr.
Aucun radar automatique ne contrôle les stop en France, contrairement aux feux rouges : la constatation se fait par interception, ce qui n'empêche ni le procès-verbal ni la mise en cause en cas d'accident, où le refus de priorité fait basculer la responsabilité.
Les pièges qui coûtent le plus de points
- Le stop roulé : le véhicule ralentit à 5 km/h sans jamais s'immobiliser. Un agent placé de trois quarts le voit immédiatement aux roues qui ne s'arrêtent pas.
- La ligne franchie : s'arrêter au-delà de la ligne d'arrêt est une infraction distincte, même si le conducteur cède ensuite correctement le passage.
- Le stop sans marquage : sur une voie communale non repeinte, l'arrêt se fait à la limite de la chaussée abordée, jamais quelques mètres avant.
- La confusion avec le triangle inversé : le panneau céder le passage n'oblige pas à s'arrêter, le stop si. Les deux imposent en revanche la même priorité.
- Le vélo : le cycliste doit lui aussi s'arrêter. Il encourt l'amende de 135 €, sans retrait de points puisque l'infraction n'est pas commise avec un permis.
Pour réviser ces situations, le quiz sur les panneaux reprend les cas d'intersection les plus discriminants, et le guide de la signalisation replace le AB4 dans la famille des panneaux de priorité.
Questions fréquentes
Faut-il s'arrêter à un stop quand la route est vide ?
Oui. L'arrêt est absolu, il ne dépend pas de la présence d'un autre usager. Un stop de nuit sur une route déserte doit être marqué de la même façon qu'en heure de pointe. C'est précisément cette systématicité qui justifie le choix du stop plutôt que du céder le passage quand la visibilité est nulle.
Combien de temps faut-il rester arrêté au stop ?
Aucune durée n'est fixée par le code de la route. Ce qui compte est l'immobilisation complète du véhicule, roues bloquées, perceptible de l'extérieur. En pratique, une à deux secondes suffisent à caractériser l'arrêt, à condition que le véhicule s'immobilise vraiment avant la ligne.
Que se passe-t-il en cas d'accident après un stop non respecté ?
Le conducteur est présumé responsable au titre du refus de priorité, ce qui entraîne le plus souvent une prise en charge intégrale du sinistre par son assurance et un malus. L'infraction reste sanctionnée séparément : 135 € et 4 points, avec un risque de suspension du permis prononcée par le tribunal.
Un stop peut-il être placé au milieu d'une ligne droite ?
Non. Le AB4 signale une intersection, un passage à niveau ou un point d'arrêt réglementé comme un poste de péage. Hors de ces situations, l'arrêt est imposé par d'autres dispositifs, feux ou agent. Un stop isolé sans intersection visible signale généralement un accès dangereux, une sortie de chantier ou une voie ferrée.